Compteurs intelligents : les syndicats de Senelec montent au front contre Akilee

 Compteurs intelligents : les syndicats de Senelec montent au front contre Akilee

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La tension monte d’un cran au sein de la société nationale d’électricité, avec une opposition farouche de la Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec (CSTS). Regroupant le Sutelec, le Sudeten, le Syntes et le Sycas, l’intersyndicale s’insurge contre l’inscription à l’ordre du jour du Conseil d’administration, prévu pour le 7 octobre 2026, d’un point stratégique crucial. Ce dernier porte sur l’autorisation de signer un contrat décennal entre Senelec et la structure Akilee, englobant la fourniture de compteurs intelligents et la mise en place d’une infrastructure de mesure avancée (AMI) sur l’ensemble du territoire national.

Pour les représentants du personnel, un tel engagement ne peut être pris à la légère, au vu des enjeux financiers, technologiques et juridiques colossaux. La CSTS rappelle l’existence d’un lourd passif contractuel datant de 2019. À l’époque, un accord comparable avait déjà soulevé un tollé général et poussé les syndicats à saisir divers organes de contrôle de l’État, tels que l’ARMP, l’OFNAC et la Cour des Comptes. Les investigations de l’ARMP avaient qualifié le contrat initial de déséquilibré, au détriment des intérêts de Senelec et de l’État. De son côté, l’OFNAC avait relevé, dans son rapport d’enquête, de graves infractions pénales, incluant des soupçons de détournement de deniers publics, de fraude fiscale et de non-respect du Code des marchés. Alors que le dossier est susceptible d’être confié au Pool judiciaire financier, la CSTS dénonce la volonté d’imposer un nouveau contrat dans des conditions jugées opaques.

Au-delà du passif judiciaire et réputationnel, le syndicat pointe l’incohérence stratégique de ce projet d’exclusivité de dix ans. Senelec détient pourtant 49 % du capital d’AMCO, une usine implantée à Dakar en partenariat avec Hexing et dotée de capacités de production de compteurs. En outre, un atelier technique mené en septembre 2026 par les experts internes de l’entreprise a démontré que les compétences en matière commerciale, en systèmes d’information et en distribution permettent de concevoir une solution AMI en interne en seulement six mois.

La CSTS s’interroge donc sur l’opportunité d’externaliser cette activité sur une décennie, ce qui risquerait de lier durablement Senelec à une technologie unique dans un secteur en constante mutation, tout en menaçant la souveraineté des données et l’emploi local. Face à ces incertitudes, la CSTS demande solennellement au Conseil d’administration de surseoir à toute signature et réclame une rencontre préalable pour présenter des alternatives viables. Elle avertit que toute décision hâtive engagerait pleinement la responsabilité des autorités publiques au mépris de l’intérêt général.

Louga News

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