Rap et République : Une Histoire de Résistance et de Réveil des Consciences
Depuis bien avant les événements de 2011, le rap Galcen a toujours pris une position ferme face à la politique au Sénégal. Cette musique a été la voix de la population, jouant un rôle crucial de fédérateur et de sensibilisateur. Là où l’école et les livres échouaient à éveiller la jeunesse, le rap prenait le relais.
Toutefois, cette posture critique a fini par déranger les autorités. En réponse, l’État a tenté de coopter le rap dans le système, mais ce mouvement de contestation n’a jamais bien coexisté avec les politiques. Comme l’a dit Keyti, « Bignou neké khalé ba legui falla gnou yaggué degu dëgu ».
Répression et Manipulation
Les autorités n’ont pas hésité à réprimer les rappeurs engagés. Xuman a été emprisonné et empêché de quitter le pays. Le groupe Keur Gui a subi emprisonnements et tortures. Pendant ce temps, certains artistes, perçus comme complaisants, ont reçu des privilèges, et de nombreux labels tels que Jolof 4 Life, Gunzout, Bois Sacré, 2NDiamond, et Dieguirail ont été marginalisés.
Les politiques, conscients que le rap était une force de résistance, ont commencé à distribuer des subventions allant de 800 millions à 1 milliard de FCFA, prétendument pour “soutenir” le mouvement, mais en réalité pour le dévoyer discrètement. C’est dans ce contexte que le mouvement Y EN A MARRE est né, jouant un rôle crucial dans la chute du régime de l’ancien président Abdoulaye Wade. Ce mouvement a permis de distinguer les vrais rappeurs engagés pour le peuple de ceux uniquement intéressés par leur propre profit.
La Menace de la Politisation
La politisation a empêché de nombreux talents de se faire connaître, car ils n’appartenaient à aucun parti politique, bien que leur talent musical soit indéniable. Des rappeurs comme Rapadio, Pee fois, Niagass, Books Senkumpeu, PPS, Undershif, Alien Zik, 5kiem, Nit Doff, et Simon 99 en sont des exemples.
Aujourd’hui, bien que le rap et les rappeurs soient plus acceptés, le mouvement demeure la seule force capable de troubler l’État. Des morceaux comme “March” d’Eminem ou “Sou waxtou dé Djoté” de Djily Bagdad, et “La Dictature” de Nit Doff illustrent cette résistance.
Un Appel à la Vigilance
Avec la digitalisation de la RTS et l’intégration des acteurs des cultures urbaines, il est crucial de rester vigilant pour que le mouvement ne perde pas de vue son objectif principal. Louga News lance un appel au mouvement rap pour qu’il reste sur ses gardes, car la politique n’a pas d’amis, seulement des intérêts.
Prions ensemble pour que le rap Galcen reste un bastion de résistance et de conscience pour la population sénégalaise.
Louga News