Sénégal : une nouvelle loi durcit les sanctions contre l’homosexualité

 Sénégal : une nouvelle loi durcit les sanctions contre l’homosexualité

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement promulgué, à la fin du mois de mars, une loi renforçant considérablement les sanctions liées aux relations homosexuelles. Désormais, les peines d’emprisonnement passent de cinq à dix ans, selon le texte publié dans le journal officiel.

Adoptée le 11 mars 2026 par l’Assemblée nationale à une large majorité, cette législation s’inscrit dans un climat social tendu, marqué par une montée des discours hostiles à l’homosexualité et une multiplication des interpellations pour « homosexualité présumée ».

Le nouveau dispositif légal ne se limite pas aux relations entre personnes de même sexe. Il prévoit également des sanctions pénales contre toute forme de promotion ou de financement de l’homosexualité. Par ailleurs, les amendes ont été revues à la hausse, pouvant désormais atteindre entre 2 et 10 millions de francs CFA, contre 100 000 à 1,5 million auparavant.

Toutefois, la loi inclut une disposition visant à sanctionner les dénonciations abusives effectuées de mauvaise foi, dans un souci d’encadrement des accusations.

Le texte prévoit aussi un durcissement particulier lorsque les faits impliquent un mineur, avec l’application systématique de la peine maximale.

Sur le plan international, cette loi a suscité des réactions. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé une mesure qu’il estime contraire aux droits fondamentaux.

Ces dernières semaines, la question de l’homosexualité occupe une place centrale dans le débat public sénégalais, pays majoritairement musulman. La tension s’est accentuée après l’arrestation, début février, de douze hommes, dont deux figures connues, accusés « d’actes contre nature », une expression utilisée pour désigner les relations entre personnes du même sexe.

Depuis cet épisode, plusieurs dizaines d’arrestations supplémentaires ont été rapportées dans les médias, certaines personnes étant également accusées d’avoir volontairement transmis le VIH, alimentant davantage les controverses autour de ce sujet sensible.

LOUGA NEWS

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