Entretien avec Assane Diagne, Rédacteur en Chef d’Africa Check – Francophone

Assane Diagne a rejoint Africa Check 1er octobre 2015 en tant que Rédacteur en chef de la version du site qui couvre l’Afrique francophone. Avant d’intégrer le bureau basé à Dakar, il a été Rédacteur en chef à l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), pendant cinq ans, et au quotidien privé Le Populaire

 

Comment le projet Africa Check est-il né ?

Africa Check est né d’un constat de Peter Cunliffe-Jones, l’ancien directeur du bureau de l’Agence-France Presse (AFP), au Nigeria, vers 2005. Il s’était rendu compte que la presse avait relayé les appels au boycott de la campagne de vaccination anti-polio. Des leaders politico-religieux des Etats des Nord du Nigeria estimaient que le vaccin rendrait les femmes fertiles et avaient ainsi appelé au boycott. La presse a relayé ces appels sans pour autant vérifier. Conséquence : le Nigeria, qui était dans une phase de pré-élimination de cette maladie (moins de 100 cas), s’est retrouvé un an plus tard, avec un millier de malades.

C’est ainsi qu’est née l’idée de faire du fact-checking en Afrique. Elle sera concrétisée en 2012 avec le lancement d’Africa Check à Johannesburg.  Le site francophone a vu le jour en novembre 2015. Il est basé à Dakar.

 

Comment votre équipe au Sénégal est-elle organisée ?

Nous avons quatre équipes : 3 équipes anglophones (Johannesburg, Lagos, Nairobi) et une francophone basée à Dakar. Le gros de l’effectif est à Johannesburg où se trouve en même temps l’administration de l’organisation. Au Sénégal, il y a également Samba Dialimpa Badji, rédacteur en chef adjoint, Coumba Sylla, rédactrice en chef santé et Hyppolite Valdez Onanina, chercheur et Community manager.

 

Quels sont les types de médias que vous décryptés ? Seulement les réseaux sociaux ou le service est étendu à la radio et à la télé ?

Nous analysons tous les types de contenu médiatique, sans exceptions, y compris même parfois la publicité.

 

Quelle zone géographique couvrez-vous ?

La rédaction francophone s’intéresse à l’Afrique francophone. Pour le moment, nous mettons plus l’accent sur le Sénégal et la Côte d’Ivoire, même s’il nous arrive, de temps en temps, de traiter des sujets sur d’autres pays francophones.

 

Quel est le processus de vérification des informations mis en place par vos services ?

Notre méthodologie se veut claire : nous vérifions le pour et le contre, avant de tirer une conclusion. Mais nous n’avons pas l’ambition de nous occuper de toutes les déclarations publiques. Pour faire l’objet de fact-checking, il faut que celle-ci porte sur un sujet important (économie, environnement, santé, éducation…) et qu’elle émane des politiciens, des figures publiques et des médias. Africa Check est ouvert aux lecteurs, aux professionnels des médias, aux experts dans tous les domaines. Pour cela, il suffit de nous saisir via Twitter, en précisant le sujet et pourquoi vous estimez que l’affirmation est inexacte ou, par exemple, prête à confusion.

 

Quels sont les obstacles auxquels vous devez faire face ?

Le principal obstacle est la difficulté liée à l’accès à l’information, surtout l’information venant des structures gouvernementales. De plus, dans beaucoup de pays d’Afrique, les données ne sont pas régulièrement actualisées.

 

Y’a-t-il des projets d’ouverture de nouveaux bureaux en Afrique francophone ?

Pour le moment, non. Nous avons un bureau à Dakar, pour l’Afrique francophone et une équipe de pigistes, en Côte d’Ivoire.

 

Quels sont les enjeux du Fact Checking aujourd’hui en Afrique francophone ? 

Les enjeux de résument à l’accès et à la qualité des données mais il y aussi la nécessité de sensibiliser davantage, formant plus et en diversifiant les supports et les contenus des résultats du travail de vérification.

En Afrique francophone, nous sensibilisons essentiellement à travers des ateliers de formation que nous organisons au Sénégal et dans de nombreux pays d’Afrique. Par exemple, le 20 septembre dernier, nous avons été partenaires d’un forum intitulé « Fake News, la démocratie en danger ? » organisé à l’Institut Goethe au Sénégal. L’un des thématiques principales du Forum était « Comment combattre les Fake News ».

 

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